Quand tu débutes en électricité, que ce soit en apprentissage ou en reconversion, tu te retrouves vite noyé sous un flot de termes techniques. Phase, neutre, différentiel, IP, saignée… Autant de mots qui peuvent sembler barbants, mais qui sont pourtant essentiels pour comprendre ce métier et communiquer avec tes collègues sur le terrain.
Le problème ? Personne ne prend vraiment le temps de t’expliquer ces bases clairement. On part du principe que « tu vas comprendre en faisant », sauf que pendant ce temps, tu perds du temps, tu fais des erreurs, et tu passes pour celui qui ne pige rien.
C’est exactement pour ça que j’ai créé cet article sur le lexique en électricité. Pas un dictionnaire technique imbuvable, mais un lexique en électricité pratique avec les 35 termes que tu vas entendre (et utiliser) tous les jours sur un chantier. Chaque définition est simple, concrète, et pensée pour que tu puisses l’appliquer directement.
Que tu sois débutant, apprenti, en reconversion, ou simplement curieux, ce guide du lexique en électricité va te permettre de parler le même langage que les pros sur un chantier. Alors prends quelques minutes pour le parcourir, tu verras que l’électricité devient tout de suite moins mystérieuse.
Les bases de l’électricité : comprendre les fondamentaux
Avant de manipuler le moindre câble ou de toucher un tableau électrique, il faut maîtriser quelques concepts de base du lexique en électricité. Ce sont les piliers, ceux sans lesquels tu ne peux rien comprendre au reste.
1. Tension (Volt – V)
La tension, c’est la « pression » qui pousse le courant électrique dans les fils. En France, tu vas principalement travailler avec du 230V pour les installations domestiques (prises, éclairage) et du 400V en triphasé pour les gros équipements industriels.
C’est un peu comme la pression de l’eau dans un tuyau, plus elle est élevée, plus le débit peut être important. Sauf qu’en électricité, une tension élevée = danger mortel si tu ne respectes pas les règles de sécurité. D’ailleurs, si tu veux éviter les accidents bêtes, je te recommande de lire mon article sur les risques électriques pour débutant : les bons réflexes pour éviter les accidents.
2. Intensité (Ampère – A)
L’intensité représente le « débit » de courant qui circule dans un conducteur. Plus l’intensité est élevée, plus le câble doit être dimensionné correctement pour éviter la surchauffe.
Concrètement, si tu branches un appareil qui consomme 16A sur un circuit protégé par un disjoncteur 10A, ça va disjoncter. C’est aussi simple que ça. L’intensité, c’est ce qui te guide pour choisir la bonne section de câble et le bon calibre de protection.
3. Puissance (Watt – W)
La puissance, c’est l’énergie consommée par un appareil. Elle se calcule simplement : Tension × Intensité = Puissance. Par exemple, un radiateur de 2000W branché en 230V consomme environ 8,7A (2000 ÷ 230).
Pourquoi c’est important ? Parce que ça te permet de dimensionner correctement les circuits. Si tu tires trop de puissance sur un même circuit, tu provoques une surcharge… et là encore, ça disjoncte.
4. Phase
La phase, c’est le fil qui « amène » le courant électrique. Généralement rouge, noir ou marron selon les installations. C’est celui qui pique ! Celui qu’il ne faut JAMAIS toucher sans avoir coupé le courant et vérifié l’absence de tension.
Sur un chantier, quand un collègue te dit « passe-moi la phase », il attend ce fil-là. Pas le neutre, pas la terre. La phase.
5. Neutre
Le neutre, c’est le fil bleu qui « ramène » le courant vers le réseau. En théorie, il n’est pas dangereux puisqu’il est proche du potentiel de la terre. En pratique ? Méfie-toi quand même, notamment en triphasé ou sur des installations vieillissantes où le neutre peut être en défaut.
6. Terre
Le fil de terre (vert/jaune) est ton meilleur allié pour la sécurité. Il ne sert à rien en fonctionnement normal, mais dès qu’un défaut apparaît (un fil touche une carcasse métallique par exemple), il évacue le courant vers la terre et fait sauter le différentiel. Sans lui, c’est toi qui prendrais la décharge.
La mise à la terre est obligatoire selon la norme NF C 15-100 et doit être réalisée sur toutes les installations.
7. Court-circuit
Un court-circuit, c’est quand la phase et le neutre entrent en contact direct, sans résistance entre les deux. Résultat ? Un débit de courant énorme, des étincelles, et le disjoncteur qui saute immédiatement pour protéger l’installation.
C’est l’une des situations les plus dangereuses et l’une des 10 erreurs à éviter quand on débute comme électricien.
Monophasé / Triphasé
Le monophasé (230V) est utilisé dans les maisons et petits locaux. Une phase, un neutre, une terre. Simple et efficace pour les petites puissances.
Le triphasé (400V) utilise trois phases, un neutre et une terre. On le trouve dans l’industrie, les ateliers, et certaines maisons équipées de gros équipements (pompe à chaleur, borne de recharge…). Le triphasé permet de répartir la charge et d’alimenter des machines gourmandes.
Le matériel et l’installation : ce que tu vas manipuler tous les jours
Maintenant qu’on a posé les bases, passons au concret. Le matériel que tu vas rencontrer sur chaque chantier. Ces termes font partie intégrante du lexique en électricité et tu vas les entendre en permanence.
9. Tableau électrique
Le tableau électrique, c’est le cerveau de l’installation. C’est là que se trouvent tous les disjoncteurs, le différentiel, et les protections de chaque circuit. En gros, c’est ton tableau de bord, tout part de là, tout y revient.
C’est un terme central du lexique en électricité à connaître absolument. Un bon électricien, c’est quelqu’un qui sait lire un tableau en 30 secondes et repérer immédiatement un problème.
10. Disjoncteur
Le disjoncteur coupe automatiquement le courant en cas de surcharge ou de court-circuit. Chaque circuit (prises, lumières, chauffage, etc.) possède son propre disjoncteur divisionnaire calibré selon la puissance et la section de câble.
Par exemple, un circuit de prises en 2,5mm² sera protégé par un disjoncteur 20A maximum.
11. Différentiel (inter diff)
Le différentiel, c’est ton ange gardien. Il détecte les fuites de courant (quelques milliampères suffisent) et coupe l’alimentation pour te protéger de l’électrocution. Sur une installation domestique, tu auras généralement un différentiel 30mA en tête de tableau.
Sans différentiel, pas d’installation conforme. C’est une obligation absolue de la norme NF C 15-100.
12. Chemin de câble
Le chemin de câble, c’est une structure métallique (en échelle, en grille ou en fil) qui permet de faire passer et d’organiser les câbles en apparent. Tu le verras surtout en industrie, dans les locaux techniques ou en tertiaire.
Fabricants de référence : Legrand, Schneider Electric.
13. Goulotte
La goulotte électrique, c’est ce conduit rigide en plastique (souvent blanc) qui permet de protéger et dissimuler les câbles tout en gardant l’installation accessible. Elle se fixe en apparent sur les murs ou les plafonds, idéale quand tu ne peux pas encastrer les fils dans les cloisons.
Tu peux y faire passer plusieurs circuits, à condition de bien séparer les courants forts (prises, éclairage) et faibles (internet, TV).
14. Gaine
La gaine (souvent appelée tube), c’est ce qui protège les câbles dans les murs, les planchers ou au sol. En électricité, on utilise principalement des gaines ICTA (gaine souple annelée) ou IRL (tube rigide).
15. Boîte de dérivation
C’est la boîte (souvent ronde ou rectangulaire) où tu regroupes et connectes plusieurs câbles. Elle doit toujours rester accessible, même après finition. Interdiction de la plâtrer ou de la cacher définitivement !
16. Domino / Wago
Deux systèmes pour connecter des fils entre eux. Les dominos sont les connecteurs classiques à vis (fiables mais un peu galère). Les Wago sont des connecteurs automatiques à levier, plus rapides, plus sûrs, et conformes aux normes actuelles.
Mon conseil ? Passe directement aux Wago, c’est l’avenir.
17. Boîte d’encastrement (pot)
La boîte d’encastrement, aussi appelée « pot », c’est la boîte ronde que tu encastres dans le mur pour y fixer prises, interrupteurs et autres appareillages. Standard français, diamètre 67mm pour l’encastrement, profondeur 40 ou 50mm.
18. Tube IRL
Le tube IRL (Isolant Rigide Lisse) est un tube rigide annelé utilisé pour protéger les câbles en apparent ou encastré. Contrairement à la gaine ICTA souple, il est plus rigide et se coupe à la scie.


Les actions et techniques : le vocabulaire du terrain
Maintenant qu’on a vu le matériel du lexique en électricité, passons aux verbes, aux actions que tu vas réaliser tous les jours. Ce vocabulaire fait partie du lexique en électricité que tu dois maîtriser pour communiquer efficacement avec ton équipe.
19. Consignation
La consignation est un terme de sécurité crucial dans le lexique en électricité, c’est la procédure de sécurité à respecter avant toute intervention. Elle consiste à couper l’alimentation électrique, la verrouiller (avec un cadenas par exemple), et vérifier l’absence de tension avant de commencer à travailler.
Pas de consignation = danger mortel. Point final.
Pour approfondir ce sujet crucial, lis absolument mon article sur les risques électriques pour débutant : les bons réflexes pour éviter les accidents.
20. Repérage
Le repérage consiste à identifier et étiqueter chaque circuit du tableau électrique pour savoir quel disjoncteur protège quoi. Crois-moi, un tableau bien repéré, c’est un gain de temps énorme en dépannage.
Exemple : « Disj. 3 : Prises salon/cuisine » ou « Disj. 7 : Éclairage étage ».
21. Pontage
Ponter, c’est connecter deux bornes ensemble, généralement pour relier plusieurs disjoncteurs sans avoir à tirer un fil pour chacun. On utilise souvent un peigne de pontage pour ça.
22. Shunt
Shunter, c’est court-circuiter volontairement un élément pour tester ou contourner un équipement. Attention, c’est une manipulation à faire UNIQUEMENT si tu sais exactement ce que tu fais. Dans le mauvais contexte, ça peut être très dangereux.
23. Tirage de câble
Le tirage de câble, c’est l’action de faire passer un câble dans une gaine ou un chemin de câble. Ça paraît simple dit comme ça, mais crois-moi, quand la gaine fait 15 mètres avec trois coudes, tu vas comprendre pourquoi c’est l’une des tâches les plus physiques du métier.
Astuce de pro : utilise toujours un tire-fil et du talc pour faciliter le glissement.
24. Encastré
Une installation encastrée, c’est quand tout est dans le mur, câbles, boîtes, gaines. Le résultat est propre et esthétique, mais ça demande plus de travail (saignées, scellement, rebouchage).
25. Semi-encastré
Le semi-encastré, c’est un mix. Une partie de l’installation est dans le mur, l’autre en apparent. Pratique en rénovation quand tu ne peux pas tout encastrer sans démolir la moitié de la baraque.
26. En saillie (apparent)
Installation en saillie, tout est visible sur le mur (moulures, goulottes, plinthes électriques). C’est plus rapide à poser, mais moins esthétique. On l’utilise souvent en rénovation, en atelier ou en local technique.
27. Saignée/Tranchée
La saignée, c’est la rainure que tu creuses dans le mur pour y encastrer les gaines et les câbles. Outil indispensable, la rainureuse (ou le burineur si tu aimes souffrir).
Attention à ne pas fragiliser le mur en faisant des saignées trop profondes ou mal placées.
⚠️ Sécurité et normes : ce qui peut te sauver la vie
La sécurité en électricité, ce n’est pas une option. C’est une obligation légale et morale. Voici les termes du lexique en électricité liés à la sécurité que tu dois absolument connaître.
28. Habilitation électrique
L’habilitation électrique, c’est une certification obligatoire pour travailler sur des installations électriques. Elle se décline en plusieurs niveaux : B0, B1, B2, BR, BC, etc., selon les travaux que tu es autorisé à réaliser.
Sans habilitation, tu n’as légalement pas le droit de toucher à une installation sous tension. Ton employeur doit te la faire passer.
Plus d’infos sur le site de l’INRS.
29. NF C 15-100
La norme NF C 15-100, c’est la référence pour toutes les installations électriques basse tension en France. Elle fixe les règles de sécurité, les sections de câble, le nombre de prises par pièce, l’emplacement des équipements, etc.
Cette norme fait partie du lexique en électricité professionnel que tout électricien doit maîtriser. Elle est régulièrement mise à jour, donc reste à jour aussi.
Consulte le texte officiel sur Legifrance.
30. Mise à la terre
La mise à la terre, c’est relier toutes les masses métalliques de l’installation à la terre via le conducteur de protection (vert/jaune). En cas de défaut, le courant s’écoule vers la terre au lieu de passer par ton corps.
C’est obligatoire et vital. Une installation sans terre correcte = danger mortel.
31. IP (Indice de Protection)
L’indice de protection (IP) mesure la résistance d’un équipement à l’eau et à la poussière. Il se compose de deux chiffres :
- Le premier = protection contre les solides (0 à 6)
- Le deuxième = protection contre les liquides (0 à 9)
Exemples :
- IP20 : usage intérieur sec
- IP44 : salle de bain (éclaboussures)
- IP65 : extérieur (pluie)
32. Classe de matériel
La classe de matériel indique le niveau de protection électrique d’un appareil :
- Classe I : appareil avec terre obligatoire (gros électroménager)
- Classe II : double isolation (symbolisé ⧈), pas besoin de terre (petit électroménager, luminaires)
- Classe III : très basse tension (jouets, chargeurs)
Les outils : ce que tu auras dans les mains
Impossible de parler de lexique en électricité sans évoquer les outils. Voici trois termes essentiels que tu vas entendre sur tous les chantiers.
33. Scie cloche
La scie cloche, c’est une scie circulaire qui se fixe sur une perceuse pour percer des trous ronds. Indispensable pour faire les trous de boîtes d’encastrement (diamètre 68mm généralement).
Si tu veux savoir quels outils acheter en priorité, jette un œil à mon guide des 20 outils indispensables dans ta caisse pour débuter comme électricien.
34. Trépan
Le trépan (ou foret béton à couronne), c’est l’outil pour percer des trous dans les matériaux durs : béton, brique, pierre. Tu t’en serviras pour faire passer les gaines à travers les murs porteurs.
Marques de référence : Bosch, Makita, DeWalt.
35. Gamatte / Auge
Ah, le fameux débat régional ! La gamatte (dans le Sud) ou l’auge (ailleurs), c’est le bac de maçon où tu prépares le plâtre, le mortier ou l’enduit pour reboucher tes saignées.
Petit, léger, pratique… et indispensable sur un chantier.
Pourquoi ce lexique en électricité va te faire gagner du temps
Maintenant que tu as parcouru ces 35 termes, tu te rends compte que le lexique en électricité n’est pas si compliqué que ça. Ce sont des mots simples, concrets, que tu vas utiliser tous les jours.
Le vrai problème quand on débute, c’est qu’on nous balance ces termes du lexique en électricité sans explication, on hoche la tête en faisant semblant de comprendre, et on perd un temps fou à essayer de déchiffrer ce qu’on nous demande.
Avec ce lexique en électricité, tu gagnes en :
- Confiance : tu comprends ce qu’on te dit et tu peux poser les bonnes questions
- Efficacité : tu communiques clairement avec ton équipe
- Crédibilité : tu montres que tu maîtrises les bases du métier
Et surtout, tu évites les erreurs bêtes qui peuvent coûter cher, voire être dangereuses. D’ailleurs, si tu veux aller plus loin, je t’invite à lire mon article sur les 10 erreurs à éviter quand on débute comme électricien.
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Tu débutes et tu ne sais pas quel matériel acheter en priorité ? J’ai préparé un guide gratuit qui liste les 20 outils vraiment indispensables pour commencer sereinement, sans exploser ton budget.
FAQ : Questions fréquentes sur le lexique en électricité
Est-ce que je dois connaître tout ce lexique avant de commencer ma formation ?
Non, pas du tout. Ce lexique en électricité est justement fait pour t’accompagner pendant ton apprentissage. Relis-le régulièrement au fur et à mesure que tu avances, et les termes vont devenir naturels.
Quelle est la différence entre un disjoncteur et un différentiel ?
Le disjoncteur protège contre les surcharges et les courts-circuits. Le différentiel protège contre les fuites de courant (donc les électrocutions). Les deux sont complémentaires et obligatoires dans une installation conforme.
Pourquoi les codes couleurs des fils sont-ils importants ?
Parce qu’ils permettent d’identifier rapidement la fonction de chaque conducteur (phase, neutre, terre). Respecter les codes couleurs, c’est respecter la norme NF C 15-100 et garantir la sécurité de l’installation. Rouge/noir/marron = phase, bleu = neutre, vert/jaune = terre.
C’est quoi la différence entre encastré et en saillie ?
Encastré, tout est dans le mur (propre mais long à faire). En saillie, tout est visible sur le mur (rapide mais moins esthétique). Le semi-encastré, c’est un mix des deux, souvent utilisé en rénovation.
Où puis-je trouver la norme NF C 15-100 complète ?
La norme complète est payante et consultable sur le site de l‘AFNOR. Mais tu peux trouver les grandes lignes gratuitement sur des sites commeLegifrance, Promotelec, ou sur les sites des fabricants comme Schneider Electric et Legrand qui proposent des guides pratiques.
Conclusion : Maîtrise ton lexique, maîtrise ton métier
Le lexique en électricité, ce n’est pas juste une liste de mots à apprendre par cœur. C’est la base de la communication sur un chantier, la clé pour comprendre ce qu’on te demande, et surtout, le moyen d’éviter des erreurs qui peuvent être dangereuses.
En maîtrisant ce lexique en électricité de 35 termes, tu te donnes les moyens de progresser rapidement, de poser les bonnes questions, et de montrer que tu prends ton métier au sérieux.
Alors garde ce lexique en électricité sous la main, relis-le régulièrement, et n’hésite pas à l’annoter avec tes propres remarques au fur et à mesure de ton expérience.
Et si tu veux aller encore plus loin, explore mes autres articles pour éviter les erreurs de débutant, t’équiper malin, et comprendre les risques du métier.
Bon courage dans ton apprentissage, et surtout : reste curieux et pose des questions !
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