Formation borne de recharge électrique : le guide complet pour devenir installateur IRVE

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Tu as sans doute déjà croisé ce sigle sur un forum d’électriciens ou dans une offre de formation : IRVE. Infrastructure de Recharge pour Véhicules Électriques. Pas très parlant au premier abord, et pourtant, c’est en train de devenir une des spécialités les plus demandées du métier.

Que tu sois électricien en poste qui veut élargir ses compétences, apprenti qui prépare son avenir, ou en pleine reconversion professionnelle, tu te poses probablement la même question : est-ce que la formation borne de recharge électrique vaut le coup, et comment ça se passe concrètement ?

Après 20 ans de terrain et la direction de ma propre entreprise d’électricité, je vais te donner une réponse claire, sans blabla marketing.

Je me souviens encore des premiers clients qui me demandaient de leur poser « juste une prise pour la voiture électrique » dans leur garage. À l’époque, ce n’était pas encore un réflexe généralisé de vérifier la qualification de l’installateur.

Aujourd’hui, la donne a changé : les clients sont mieux informés, les assurances sont plus strictes, et un électricien non qualifié IRVE se voit tout simplement écarté de ce marché, même s’il maîtrise parfaitement l’électricité par ailleurs.

Qu’est-ce que l’IRVE et pourquoi une formation est obligatoire

Une voiture électrique entrain de charger sur une borne.

Contrairement à une prise classique ou un tableau électrique, tu ne peux pas installer une borne de recharge n’importe comment, même si tu es électricien qualifié. La loi française l’encadre strictement.

Le décret n°2017-26 du 12 janvier 2017 impose une qualification spécifique, la mention IRVE, pour tout installateur intervenant sur une borne de recharge dont la puissance dépasse 3,7 kW.

En clair, dès qu’on sort d’une simple prise renforcée, tu dois être formé et certifié pour avoir le droit d’intervenir.

Ce n’est pas une formalité administrative de plus. Trois raisons concrètes rendent cette qualification incontournable :

  • La couverture assurance : sans la mention IRVE, ton assurance décennale ne couvre pas l’installation en cas de sinistre.
  • Les aides financières : le client ne peut bénéficier des aides de l’État (crédit d’impôt, TVA réduite à 5,5 %) que si les travaux sont réalisés par un installateur certifié IRVE.
  • La sécurité : une borne mal raccordée, c’est un risque de surchauffe et d’incendie sur une installation qui tourne souvent plusieurs heures d’affilée à pleine puissance.

Autrement dit, sans cette formation, tu n’as tout simplement pas le droit d’exercer sur ce marché, quelle que soit ton expérience par ailleurs.

Les 3 niveaux de qualification IRVE (P1, P2, P3)

La qualification IRVE n’est pas un bloc unique. Elle se découpe en trois niveaux, chacun correspondant à un type d’installation :

P1 : Infrastructures de recharge simples

C’est le niveau d’entrée. Il te permet d’installer des points de recharge résidentiels standards, jusqu’à 22 kW, chez un particulier ou en copropriété. C’est le niveau le plus demandé, car il couvre la majorité des installations chez les particuliers.

P2 : Infrastructures avec pilotage et supervision

Ce niveau ajoute la dimension « intelligente » : bornes communicantes, gestion à distance, supervision de la charge.
Il vise les installations en copropriété, en entreprise ou dans les parkings collectifs, un segment en forte croissance avec la généralisation des exigences de pré-équipement dans les nouveaux bâtiments.

P3 : Bornes de recharge rapide

Le niveau le plus technique, réservé aux infrastructures de recharge rapide et très haute puissance (stations sur autoroute, hubs de recharge).
Il demande une expertise plus poussée en électrotechnique et concerne un public plus restreint d’installateurs déjà expérimentés.

Pourquoi se former à l’IRVE en 2026 : un marché qui ne fait que grossir

Ce n’est pas juste une tendance passagère. Plusieurs signaux concrets montrent que ce segment va continuer de croître dans les prochaines années :

  • Les Zones à Faibles Émissions (ZFE) poussent une part croissante des automobilistes vers le véhicule électrique dans les grandes agglomérations, ce qui mécaniquement augmente la demande de bornes.
  • Le droit à la prise en copropriété permet à n’importe quel résident de faire installer une borne à ses frais, ce qui démultiplie les chantiers individuels dans l’habitat collectif, un gisement encore largement sous-exploité.
  • La réglementation impose de plus en plus le pré-équipement des parkings neufs et rénovés, créant un flux régulier de chantiers professionnels.

D’après les référentiels de qualification publiés par l’Avere-France, l’association nationale pour le développement de la mobilité électrique, la formation IRVE est encadrée par des organismes de qualification accrédités, ce qui garantit un niveau de sérieux et de reconnaissance professionnelle sur ce marché.

Concrètement, pour un électricien ou un futur électricien, c’est une carte à jouer.
Peu de concurrents qualifiés sur un marché encore jeune, une demande qui monte, et une activité qui vient compléter naturellement d’autres spécialités du métier sans nécessiter une reconversion complète.

Autre point qui a son importance sur le terrain, contrairement à d’autres spécialités très concurrentielles, le marché de l’IRVE reste encore jeune. Beaucoup d’électriciens expérimentés n’ont tout simplement pas encore franchi le pas de se qualifier, souvent par méconnaissance du sujet ou parce qu’ils pensent, à tort, que c’est une formation longue et complexe.

Ceux qui s’y forment maintenant prennent une longueur d’avance sur un marché qui va nécessairement se densifier dans les prochaines années, à mesure que le parc de véhicules électriques continue de croître.

Qui peut se former à l’IRVE ?

Un électricien entrain de raccorder un tableau électrique.

Bonne nouvelle, ce n’est pas réservé à une élite de super-techniciens. Trois profils se lancent régulièrement sur cette formation.

  • L’électricien déjà en poste qui veut se spécialiser et augmenter sa valeur sur le marché, sans changer de métier. C’est souvent la voie la plus rapide. Tu maîtrises déjà les bases (habilitation, normes, sécurité), la formation IRVE vient en complément.
  • L’apprenti ou le jeune diplômé qui veut se différencier dès son entrée sur le marché du travail. Se positionner sur une spécialité en croissance, c’est un vrai argument face à des employeurs qui cherchent justement ce profil.
  • La personne en reconversion professionnelle qui vise directement ce créneau comme porte d’entrée dans le métier. C’est plus exigeant, car il faut d’abord solidifier les bases de l’électricité avant de se spécialiser mais ce n’est pas hors de portée, y compris après 40 ou 50 ans.

Dans tous les cas, un prérequis reste incontournable, tu dois déjà posséder ton habilitation électrique.
Sans elle, impossible d’accéder à une formation IRVE, puisque celle-ci suppose que tu maîtrises déjà les bases de la sécurité électrique.

Ce que ça change concrètement pour ton activité

Se former à l’IRVE, ce n’est pas juste cocher une case administrative. Ça a un impact direct sur trois aspects de ton activité, que tu sois salarié ou indépendant.

  • Sur les chantiers accessibles. Sans la mention IRVE, une bonne partie du marché de la borne de recharge t’est tout simplement fermée, pas par manque de compétence technique, mais parce que la loi te l’interdit. Avec la qualification, tu débloques un segment entier de chantiers, particuliers en maison individuelle, copropriétés, parkings d’entreprise.
  • Sur ta valeur auprès des employeurs. Si tu es salarié ou en recherche d’emploi, afficher une qualification IRVE sur ton CV te distingue immédiatement des autres candidats sur un poste d’électricien généraliste. Les entreprises du bâtiment cherchent activement ce profil, car peu de leurs équipes sont encore qualifiées.
  • Sur ta rémunération si tu es indépendant. Un chantier IRVE se facture généralement au-dessus d’une intervention électrique classique, notamment parce que la prestation inclut le diagnostic de l’installation existante, la mise en conformité éventuelle du tableau, et la garantie liée à ta qualification.
    Ce n’est pas un chiffre que je peux t’annoncer avec précision, ça dépend de ta région et de ton statut mais c’est un axe de montée en gamme réel par rapport à une intervention standard.

Le déroulé concret : de l’inscription à la première intervention

Voici, dans l’ordre, ce à quoi ressemble le parcours type pour obtenir ta qualification IRVE une fois que tu as décidé de te lancer :

  1. Vérifier tes prérequis. Habilitation électrique à jour, et idéalement une expérience terrain sur des installations basse tension.
  2. Choisir ton organisme de formation. Privilégie un centre accrédité par un organisme de qualification reconnu, c’est cette accréditation qui donne de la valeur à ton certificat, pas le centre lui-même.
  3. Suivre la formation P1 (généralement 1 jour, parfois étalée sur deux demi-journées selon les centres), avec un équilibre théorie/pratique proche de 50/50.
  4. Passer l’évaluation finale, souvent un mix de questions théoriques et d’une mise en situation pratique sur borne réelle.
  5. Obtenir ton attestation de qualification, à faire enregistrer auprès de l’organisme de qualification concerné pour être officiellement référencé comme installateur IRVE.
  6. Démarrer tes premiers chantiers, en commençant idéalement par des installations résidentielles simples avant de viser des configurations plus complexes (copropriété, pilotage à distance).

Compte en général entre une et deux semaines entre ton inscription et l’obtention de ton attestation, formation et enregistrement administratif inclus, un délai qui reste très raisonnable comparé à d’autres qualifications du secteur.

Les erreurs à éviter quand tu débutes en IRVE

J’ai vu passer pas mal d’électriciens qui se lancent sur ce créneau un peu vite, sans prendre le temps de sécuriser certains points. Voici les pièges les plus fréquents :

  • Sous-estimer le diagnostic de l’installation existante. Une borne bien posée sur un tableau électrique non conforme ou sous-dimensionné, c’est un chantier à refaire. Le diagnostic préalable n’est pas une option.
  • Confondre prise renforcée et borne de recharge. En dessous de 3,7 kW, tu n’as pas besoin de la qualification IRVE mais dès que tu dépasses ce seuil, c’est non négociable, même sur une « petite » installation.
  • Négliger la déclaration et l’enregistrement de ta qualification. Avoir suivi la formation ne suffit pas, il faut que ton attestation soit bien enregistrée auprès de l’organisme concerné pour être reconnu comme installateur qualifié aux yeux de l’administration et des assurances.
  • Oublier la dimension « pilotage » pour les bornes communicantes. Si tu vises des chantiers en copropriété ou en entreprise (niveau P2), une simple maîtrise du raccordement électrique ne suffit pas. Il faut aussi être à l’aise avec les aspects de supervision et de gestion à distance.

Le contenu concret d’une formation IRVE

Une formation IRVE de niveau 1 se déroule généralement sur une courte durée. Souvent une journée pour le P1, un peu plus pour le P2 et alterne théorie et pratique, avec un vrai équilibre entre les deux plutôt qu’un format 100 % magistral.

Voici ce que tu peux typiquement attendre au programme :

  • Le contexte du marché du véhicule électrique et les enjeux de la transition énergétique
  • Le cadre réglementaire : décret n°2017-26, obligations légales de l’installateur, norme NF C 15-100 appliquée aux IRVE
  • Les spécificités techniques des différents types de bornes et de prises (Type 2, Mode 2, Mode 3)
  • La méthodologie d’installation, de raccordement et de mise en service
  • Les règles de sécurité propres à ces installations, notamment la protection différentielle adaptée

Côté financement, plusieurs pistes existent selon ton statut. Ton OPCO si tu es salarié, ton Fonds d’Assurance Formation si tu es indépendant, ou France Travail si tu es en recherche d’emploi ou en reconversion.
Renseigne-toi systématiquement avant de payer de ta poche, ces formations sont souvent finançables à 100 %.

Comment te préparer avant de commencer ta formation IRVE

Formation borne de recharge électrique doit etre complétée avec l'habilitation électrique.

Une formation IRVE, ce n’est pas un point de départ dans le métier, c’est une spécialisation. Avant de t’y inscrire, assure-toi d’avoir les bases suivantes bien en main :

  • L’habilitation électrique, sans laquelle tu ne peux légalement intervenir sur aucune installation
  • La norme NF C 15-100, socle de toute installation électrique en France, y compris pour les IRVE
  • Un équipement de protection individuelle complet et un outillage de base fiable, indispensable dès ton premier chantier

Avant de te lancer : si tu débutes ou si tu veux vérifier que ta caisse à outils est complète avant de te spécialiser, j’ai préparé une liste gratuite des 20 outils indispensables pour un électricien celle que j’aurais aimé avoir sous les yeux à mes débuts.

En résumé

La formation borne de recharge électrique n’est pas un gadget ni un effet de mode : c’est une obligation légale pour intervenir sur ce marché, et une vraie opportunité de te démarquer sur un secteur en pleine expansion. Que tu sois déjà électricien, apprenti ou en reconversion, le chemin est accessible à condition de solidifier d’abord tes bases (habilitation, NF C 15-100) avant de te spécialiser en IRVE.

Ce n’est pas un sujet à traiter à la légère : entre l’obligation légale, l’enjeu de sécurité et le potentiel réel de ce marché, y consacrer quelques jours de formation aujourd’hui peut clairement changer la trajectoire de ta carrière d’électricien dans les prochaines années. Si tu hésites encore, commence par sécuriser tes fondamentaux habilitation, normes, outillage — la spécialisation IRVE viendra ensuite naturellement, une fois que le terrain te paraîtra plus familier.

Faut-il être électricien diplômé pour suivre une formation IRVE ?

Non, il n’existe pas de diplôme obligatoire préalable, mais tu dois disposer d’une habilitation électrique en cours de validité et d’une base solide en électricité, notamment sur la norme NF C 15-100. C’est une spécialisation, pas une formation de premier niveau.

Combien de temps dure une formation IRVE ?

Ça dépend du niveau visé. Le P1 se boucle généralement en une journée. Les niveaux P2 et P3, plus techniques, demandent davantage de temps de formation en raison de la complexité des installations concernées.

La formation IRVE est-elle finançable ?

Oui, dans la grande majorité des cas, via ton OPCO si tu es salarié, ton Fonds d’Assurance Formation si tu es indépendant, ou un dispositif France Travail si tu es en recherche d’emploi ou en reconversion.

Peut-on installer une borne de recharge sans qualification IRVE ?

Uniquement pour les installations de très faible puissance (en dessous de 3,7 kW, comme une prise renforcée). Au-delà, la qualification IRVE est une obligation légale, pas une simple recommandation.

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